Prenez garde à ceux qui disent aimer l’humain
Ils ont de délicieux discours aux grands éclats
À tort et à travers les droits sont leur refrain
Le cœur sur la main ils tirent à bout de bras
Ils sont si bienveillants et prêchent même en chœur
La haine de la haine comme pieuse loi
Ils ne diraient jamais le mot “amour” sans peur
Car ils fondraient tels des vampires sous la croix
Ces esprits chagrins prennent un malin plaisir
À retourner sept fois leur langue autour du pot
Comme un serpent autour de l’Arbre sait mentir
Leurs palabres ne sont qu’un sac de nœuds de mots
La langue leur fourche à dire la vraie parole,
« Aimez-vous les uns les autres », de Galilée
Mais ces pharisiens pensent dans leur raison folle
Qu’il vaudrait mieux ne pas haïr plutôt qu’aimer
Ces apôtres bâtissent sans Christ leur Église
Sur un mont de piété jadis au Golgotha
Leur Évangile récrit sans sainte devise
Des paraboles en fariboles sans foi